Être photographe professionnel : savoir, douter, continuer

Comment peut-on accompagner des clients, leur vendre un service, sans comprendre ce que l’on produit ? Ce constat me dérange. Pas par jugement, mais parce qu’il touche à quelque chose de fondamental pour moi : la responsabilité.

Aurore Rainot

1/21/20263 min read

Être photographe professionnel : savoir, douter, continuer

Ce week-end, j’ai suivi une formation auprès de Nath Sakura.
Une femme incroyable. Un véritable puits de savoir. Une photographe qui maîtrise son art, sa technique, sa vision — et qui transmet avec générosité et exigence.

Je devrais sortir de cette formation boostée, pleine de certitudes.
La réalité est différente.

J’en ressors avec encore plus de questions, et une forme de déprime aussi. Une déprime saine, mais bien réelle.

Quand la formation devient un miroir

Durant ces deux jours, j’ai observé. Écouté. Échangé.
Et j’ai réalisé quelque chose qui me bouscule profondément :
beaucoup de photographes présents, pourtant installés, ne maîtrisent pas réellement la technique photographique.

Pas ou peu de compréhension de la lumière.
Peu de bases solides.
Des automatismes, des recettes… mais pas toujours de conscience de ce qui est fait.

Et là, une question s’impose à moi, brutalement :

Comment peut-on se dire professionnel sans connaître son métier ?
Comment peut-on accompagner des clients, leur vendre un service, sans comprendre ce que l’on produit ?

Ce constat me dérange. Pas par jugement, mais parce qu’il touche à quelque chose de fondamental pour moi : la responsabilité.

Cette formation a aussi mis en lumière une vérité inconfortable, que je rencontre depuis longtemps dans ce métier :

Si tu sais bien te vendre, tu marcheras souvent mieux que celui ou celle qui connaît profondément son métier.

Le grand paradoxe

black blue and yellow textile

Pourtant, j’apprends. Tous les jours.

Je continue de me former.
D’approfondir la technique.
De questionner ma pratique, ma lumière, mon intention.

Pas seulement pour moi.
Mais pour mes clients.
Pour être capable de répondre à leurs besoins, à leurs attentes, et parfois même à ce qu’ils n’arrivent pas encore à formuler.

Être photographe professionnel, pour moi, ce n’est pas juste faire de “belles images”.
C’est comprendre ce que je fais. Pourquoi je le fais. Et comment je peux le faire mieux demain qu’hier.

« Tu existes »

Lors de cette formation, j’ai eu une discussion
simple, sincère. Et une phrase qui m’a profondément marquée :

« Tu existes. »

Ça peut sembler évident.
Et pourtant.

Oui, j’existe.
Comme photographe.
Comme professionnelle.

Je travaille beaucoup sur moi et cette formation est arrivée au bon moment. Elle m’a secouée. Déstabilisée. Questionnée.

Et c’est une excellente chose.

Le bon chemin n’est jamais droit

Aujourd’hui, je peux l’affirmer sans arrogance, mais avec conviction :
je suis photographe professionnelle.
Je connais mon métier.
Et je le connaîtrai encore mieux demain, et après-demain.

Ma démarche est la bonne.

Le chemin ne sera pas linéaire.
Il y aura des descentes, des montées, des virages, des changements de direction. Et heureusement.
Parce que c’est souvent dans l’inconfort que l’on comprend le plus.

Direction Artistique : Nath Sakura ; Modèle/MUA : Enora; Photo et édit : Aurore Rainot

Cette formation m’a bousculée, questionnée, parfois même déstabilisée.
Mais aujourd’hui, je sais une chose : je suis exactement là où je dois être.

Être photographe professionnel, ce n’est pas tout savoir. C’est continuer d’apprendre, de douter, de se remettre en question.

Je continuerai à avancer avec exigence, curiosité et honnêteté.
Pour moi. Pour mon regard. Et pour les personnes qui me font confiance.

Parce que oui, j’existe. Et mon chemin ne fait que commencer.

Aurore Rainot - Studio Archydia